DÉPRIME PENDANT UN ÉCHANGE UNIVERSITAIRE ? TÉMOIGNAGE ET CONSEILS

Ah les échanges universitaires ! La plupart d’entre nous attendent cela impatiemment et s’y préparent avec beaucoup d’enthousiasme. On remplit la montagne de formulaires que l’administration nous donne, on prend soin de faire les copies de tous les documents demandés. Et bien sûr, on fait une liste de vœux, pour sélectionner nos universités (et pays) préférés. Et ensuite on croise les doigts ! Puis, lorsque l’on obtient la réponse et qu’on peut partir là où on le souhaite, c’est le soulagement. Alors on fait sa valise pour le grand départ, on imagine comment tout cela va se passer et on a hâte de découvrir ce qui nous attend ailleurs. Dans la plupart des cas, tout se passe bien. L’échange universitaire est enrichissant, on est même un peu déprimés au moment de rentrer… Mais dans quelques cas, il arrive que ce séjour à l’étranger ne se passe pas aussi bien que prévu, pour diverses raisons. Certaines personnes peuvent avoir envie de rentrer car l’échange se passe mal et qu’ils dépriment. Margot, une amie de Madame Frenchy, a accepté de témoigner. Elle vous décrit son expérience à l’étranger et vous donne quelques conseils.

 

« Je souhaitais vraiment partir en échange universitaire »

Mme Frenchy : Salut Margot, merci d’avoir accepté de nous parler de ton expérience à l’étranger. Dans quel cadre es-tu partie exactement ?

Margot : Je suis partie en DUETI, à Tralee en Irlande durant huit mois. Je souhaitais partir en échange Erasmus, mais les places étaient limitées. J’ai alors eu la possibilité de partir en accord bilatéral. Mais je devais payer les frais d’inscription à la fac irlandaise car l’accord ne prévoyait pas une prise en charge de ces frais. Comme je souhaitais vraiment partir, j’ai fait un prêt pour financer mon séjour à l’étranger.

Mme Frenchy : Qu’est-ce qui t’a plu durant cet échange universitaire ?

Margot : L’université était grande et les cours étaient intéressants. Il y avait beaucoup d’activités extra-scolaires et sportives, ce qui était plutôt sympa. J’ai eu de bons profs, surtout au premier semestre durant lequel j’ai pu suivre des cours de troisième année. Au deuxième semestre, j’ai eu des cours un peu moins passionnants car j’ai dû prendre des cours de première année pour suivre le programme que j’aurais eu en France. Du côté de la langue, j’ai vraiment amélioré mon anglais ! Et puis le ciné n’était pas très cher ce qui est assez cool quand on est étudiant.

Mme Frenchy : Qu’est-ce que tu as moins aimé durant ce séjour Erasmus ?

Margot : Le cadre. Je me suis vraiment ennuyée, il n’y avait rien à faire dans la ville. Avec mes colocs, ce n’était pas génial non plus. On n’avait pas du tout le même mode de vie. Même en essayant d’en parler avec eux, la situation n’a pas changé. Heureusement je connaissais une de mes colocs, une française en échange universitaire elle aussi. Nous avons demandé à changer de colocation mais ça n’a pas été possible, tout était déjà occupé.

 

Déprime échange universitaire

Blarney Castle, Irlande

 

« J’ai vite déchanté »

Mme Frenchy : Est-ce que tu t’étais renseignée sur la ville dans laquelle tu as fait ton échange universitaire ? Tu savais à quoi t’attendre ?

Margot : Oui j’avais fait des recherches. Ça avait l’air vraiment cool. Sur les forums, les gens disaient que ce n’était pas une grande ville, mais qu’il y avait de l’animation dans le centre. Mais quand je suis arrivée sur place je me suis vite rendu compte qu’à part boire dans un pub ou aller faire du shopping chez Primark, les choix étaient restreints. Au début c’est sympa, mais au bout de trois mois tu as vite fait le tour…

Mme Frenchy : Est-ce que tu as rencontré de bons amis durant ton échange universitaire?

Margot : Non c’est ça aussi le problème. Je n’ai pas réussi à m’intégrer en cours. En fait il y avait un gros groupe de français et ils ne restaient qu’entre eux. Comme mon but était d’améliorer mon anglais, j’ai décidé de me mettre à l’écart de ce groupe pour me rapprocher des irlandais. Le souci c’est que les gens te répondent rapidement mais ne te parlent pas plus que ça, c’est sûrement la culture anglo-saxonne. Et puis au deuxième semestre je me suis retrouvée dans des cours de première année. J’avais donc trois ans d’écart avec les gens de ma classe et j’ai ressenti une grande différence de maturité.

 

« Je n’ai pas validé mon année Erasmus »

Mme Frenchy : Mais tu avais déjà fait d’autres séjours à l’étranger ?

Margot : Oui, j’étais partie au Canada, à Montréal, pendant quatre mois. C’est de loin ma meilleure expérience à l’étranger. Mais ce n’était pas le même contexte, j’étais en stage là-bas. Ça me changeait du contexte des études. Et j’étais bien encadrée, avec des maîtres de stage impliqués qui souhaitaient vraiment nous faire participer. Du coup j’avais une vision assez idéalisée des séjours à l’étranger et j’ai déchanté quand je suis arrivée en Irlande.

Mme Frenchy : Est-ce que tu as réussi ton année sur le plan universitaire ?

Margot : Non, malheureusement je n’ai pas validé mon année d’échange universitaire. Je ne l’ai pas loupé de grand-chose. Mais comme ça ne se passait pas bien, j’ai séché beaucoup de cours et ça n’a pas aidé. J’aurais pu retourner en Irlande après mon retour en France pour passer les rattrapages. Mais financièrement ce n’était pas possible, je n’avais pas les moyens de payer ce voyage.

 

Déprime échange universitaire

Killarney, Irlande

 

« Je sais maintenant que je suis plus forte que je ne le pensais »

Mme Frenchy : Est-ce qu’il y a des choses que tu aurais changé ou faites différemment ?

Margot : Oui, déjà j’aurais loué un vélo ! Parce que tout était loin et je n’avais pas de voiture. Il n’y avait que très peu de bus et donc c’était galère de tout faire à pied. Comme ça se passait mal, j’avais tendance à rester cloitrée chez moi. Alors qu’avec un vélo, j’aurais sûrement eu plus la motivation de sortir. Et puis, autre chose, on m’avait donné la possibilité de faire seulement un semestre de cours, puis un semestre de stage. J’aurais sûrement dû choisir cette option. En plus cela m’aurait coûté moins cher. Mais je n’étais pas au courant au moment où j’ai choisi car la prof responsable de mon échange universitaire ne m’avait pas prévenu. Ce n’est qu’une fois inscrite, lorsque j’ai reçu la « facture » que j’ai vu qu’il coûtait moins cher de faire le stage…

Mme Frenchy : Qu’est-ce que tu retiens de cette échange universitaire ?

Margot : Je n’ai plus envie de retourner en Irlande (rires). En tout cas pas pour y vivre !

Mme Frenchy : On entend souvent que les séjours Erasmus sont enrichissants, mais à toi, ça t’a apporté quelque chose ?

Margot : Eh bien je sais que je suis plus forte que ce que je ne le pensais ! Je sais maintenant que je suis une personne persévérante, je vais au bout des choses.

 

« Il faut peser le pour et le contre »

Mme Frenchy : As-tu des conseils à donner à des personnes qui vont faire un échange universitaire pour la première fois ? Ou à des personnes qui sont en Erasmus et pour qui ça se passe mal ?

Margot : Pour ceux qui vont partir, je pense qu’ils doivent chercher sur les réseaux pour essayer de trouver des personnes qui sont déjà parties en échange au même endroit. Comme ça, ils pourront connaître leur expérience et savoir exactement à quoi s’attendre. Je conseille de vraiment chercher sur les réseaux sociaux car généralement sur les forums on ne trouve que les avis de personnes pour qui tout s’est bien passé.

Et pour ceux qui vivent un Erasmus difficile, ils peuvent, comme moi, peser le pour et le contre. Dans mon cas, d’un point de vue financier je n’avais pas le choix (si je rentrais, je devais rembourser la bourse que je recevais). S’ils ont d’autres alternatives, ils peuvent réfléchir à rentrer plus tôt, par exemple pour travailler en attendant que l’année universitaire se termine. Comme ça ils pourront repartir sur de bonnes bases et ne pas déprimer dans un endroit où ils se sentent mal. Personnellement, je pense que j’aurais sûrement dû rentrer plus tôt. J’étais vraiment très mal. J’ai pris vingt kilos durant cet échange car je mangeais n’importe comment vu que je ne me sentais pas bien. Je conseille donc de bien réfléchir, d’être sûr que l’on peut tenir jusqu’à la fin de l’échange universitaire.

 

« Je veux quand même repartir à l’étranger »

Mme Frenchy : Est-ce que tu penses que tu vas quand même repartir à l’étranger ?

Margot : Oui oui, ça c’est sûr ! Mais plutôt pour travailler. Je vais profiter de mes deux dernières années de fac pour mettre des sous de côté en travaillant. Ensuite j’aimerais retourner au Canada car mon séjour là-bas c’était vraiment très bien passé. En plus ça me permettra de faire le road trip que j’ai toujours rêvé de faire aux US. Mais je ne suis pas fermée, je veux voyager ! Donc tous les pays me tentent (enfin sauf l’Irlande ! Je pourrais y aller en vacances mais pas pour y vivre).

 

Conseils échange universitaire

Killarney, Irlande

Avant de partir en séjour universitaire

Voici donc, chers vadrouilleurs, quelques conseils avant de partir à l’étranger :

  • N’idéalisez pas votre futur séjour à l’étranger. Certains échanges universitaires se passent merveilleusement, mais d’autres sont moins idylliques. Essayez simplement de partir en vous disant que vous allez tout faire pour que cette expérience se passe le mieux possible !
  • Pensez à bien vous renseignez sur la ville dans laquelle vous allez vivre. Demandez par exemple à votre fac si d’autres étudiants sont déjà partis au même endroit. Prenez contact avec eux, ils pourront vous raconter leur expérience, bonne ou moins bonne.

 

Tu déprimes pendant ton échange universitaire ?

Si toi qui nous lis, tu es en Erasmus, et que ça ne se passe pas aussi bien que tu l’avais imaginé :

  • Tu n’es pas le seul à qui ça arrive ! Ce n’est pas toi le problème. Des fois, ça arrive que les choses se combinent mal et c’est comme ça, ce n’est de la faute de personne.
  • Essaie d’en parler autour de toi : à tes parents, à un de tes profs, ou même aux relations internationales. Il y a sûrement quelqu’un à qui tu sens que tu peux en parler librement ?
  • Même si c’est difficile, sors ! Ne reste pas enfermé chez toi tout le temps. Fais une petite balade pour te changer les idées. Regarde si quelque chose se passe dans la ville où tu es, ou même si la fac dans laquelle tu fais ton échange organise des événements. Ça te donnera l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes.
  • Pèse le pour et le contre. Est-ce que tu vas réussir à tenir encore plusieurs mois comme ça ? Est-ce qu’il n’y aurait pas une alternative à cette situation ?
  • Rentrer en cours d’échange, ça n’est pas un échec. Lorsque tu ne supportes plus cette situation, ce n’est pas la peine de déprimer encore plus. Des fois, il vaut mieux rentrer pour pouvoir repartir sur des bases plus saines ! Après tout, partir en échange universitaire, c’est avant tout censée t’apporter quelque chose de bénéfique. Alors si ce n’est pas le cas pour toi, n’aie pas honte de dire “j’ai envie de rentrer”. Tu auras plein d’autres occasions de voyager !

 

Margot a quand même pu faire de superbes photos pendant son séjour. C’est elle qui nous a donné les photos pour cet article. Elle a d’ailleurs sa propre page Facebook sur laquelle elle publie ses clichés. N’hésite pas à aller y faire un tour en cliquant ici.

Et toi vadrouilleur, est-ce que tu as d’autres conseils à donner à des personnes qui vont partir ou qui sont en échange universitaire ? Dis-nous tout en commentaire ! Et si tu ne vas pas ou plus à la fac mais que tu souhaites quand même séjourner à l’étranger, nous te conseillons le visa vacances-travail !

1 Comment

  • Fanny 20 juin 2017 at 02:21

    Excellent article qui souligne de manière constructive et honnête une des difficultés que les étudiants peuvent rencontrer lors d’un échange universitaire. Les conseils donnés pour faire face à une situation de dépression dans le cadre d’un séjour à l’étranger sont utiles car ils fournissent une démarche presque « méthodique » pour faire le point et décider des étapes à suivre. Bravo Duo Frenchy!

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